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Passeport pour la Baie-des-Chaleurs

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16 mai 2021

Carolyne Taylor: de Londres à New Richmond

PASSEPORT POUR LA BAIE-DES-CHALEURS

Caroline Taylor

©Photo Gracieuseté

Carolyne Taylor et une adepte de l'équitation.

PAR LOUIS LAFLAMME - La vie est pleine de surprises. Parlez-en à Carolyne Taylor, cette Anglaise qui a parcouru les quatre coins du monde pour finalement atterrir, une fois pour toute, dans la Baie-des-Chaleurs. Comme quoi quand on écoute son cœur, de belles choses inattendues peuvent arriver.

Originaire de l’Angleterre, Carolyne développe une passion pour l’enseignement. Après des études à Londres, elle devient professeure. Un emploi de rêve qu’elle aimait beaucoup. Et pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable? Après tout, son métier est complémentaire avec une autre de ses passions : le voyage et la découverte du monde.

Après un début de carrière dans son pays natal, elle part à la conquête d’endroits tous plus paradisiaques les uns que les autres, comme la Thaïlande et les Îles Canaries, puis la Suisse. C’est à cet endroit qu’elle fera une rencontre qui changera sa vie.

Un charmant Québécois se met sur son chemin. C’est le coup de foudre. Sourire aux lèvres, Carolyne explique sa première rencontre. « Il m’a dit qu’il venait du Québec et que c’est à cet endroit qu’il habitera. C’était notre première date, je n’y pensais pas sérieusement encore! », lance-t-elle en riant.

Et ce qui devait arriver arriva. Après avoir donné la vie à son premier enfant en Angleterre, elle finit par faire le grand saut, en 2004. Direction New Richmond. Toutefois, elle ne se doutait pas de l’ampleur des défis qui l’attendaient de l’autre côté de l’Atlantique.

Suivre son cœur, sans regarder derrière

À 39 ans, avec une quinzaine d’années d’expérience en enseignement, et après avoir exercé ce métier un peu partout dans le monde, elle se bute à une première embuche. Comme la majorité des nouveaux arrivants qui immigrent au Québec, on lui dit qu’elle ne peut plus enseigner. Ses diplômes d’études anglais ne sont pas reconnus. « C’était une onde de choc. Vraiment. On m’a dit que je devais recommencer ma formation. Un autre quatre ans d’études? Non. J’étais une jeune maman. J’ai donc mis ça de côté », explique Carolyne Taylor.

« Si c’était à refaire, je le referais. Mais j’étais dans l’ignorance. Je ne savais pas à quel point ça allait être difficile. Je pensais continuer ma carrière de prof et me faire beaucoup d’amis dès le début. Mais ce n’était pas ça. » Malgré cette rude épreuve, elle s’en est bien sortie.

Après avoir fait de la suppléance à gauche et à droite, elle se tourne vers les organismes communautaires. C’est ce domaine qui lui donna un second souffle.

Un nouveau départ insoupçonné

Aujourd’hui, Carolyne est coordonnatrice pour l’organisme Family Ties, à New Carlisle. Elle offre des services à la communauté anglophone de la région. Elle interagit avec des gens de tous âges et de tous les horizons. C’est sans aucune gêne qu’elle dit adorer son travail.

Son emploi lui apportera beaucoup plus qu’elle ne l’aurait pensé. « Je me sens plus proche de ma communauté que si j’étais restée professeure. Quand on enseigne, on ne pense qu’à l’éducation des enfants. On ne pense pas à la communauté dans son ensemble. Ça a amené pleins d’autres choses dans ma vie et une variété que je n’aurais pas eu comme prof », explique-t-elle.

@ST:Le choc culturel de la socialisation

@R:Évidemment, pour une Anglaise, le français québécois était une barrière. Et c’est tout aussi vrai pour la culture qui vient avec.  « Ce n’est pas toujours évident de rencontrer des amis ici parce que la plupart de la socialisation se fait dans les maisons. En Angleterre, on fait ça dans les pubs. Il n’y a pas beaucoup de pubs comme ça ici! », affirme-t-elle, sans pouvoir camoufler son rire, dans un français, soit dit en passant, impeccable.

Grande amatrice de balade au grand air, Carolyne est maintenant inscrite dans le club de marche des 50 ans et plus. Elle adore participer à cette activité, ce qui lui permet d’agrandir son cercle social.

Rien à envier au reste du monde

Au final, avec du recul, Carolyne Taylor affirme que sa nouvelle carrière, dans son nouveau pays, lui procure plusieurs avantages qu’elle n’avait pas ailleurs : « J’aime beaucoup le trajet pour me rendre au travail [entre New Richmond en New Carlisle]. La route est belle. Il n’y a pas de trafic », dit-elle en se remémorant les bouchons de circulation anglais. « J’ai même déjà vu des baleines! C’est magnifique ».

En racontant ses nombreuses sorties en raquette et d’équitation qu’elle fait avec son voisinage et en décrivant sa maison et son grand terrain, Carolyne ajoute quelque chose de très chère aux yeux d’une mère immigrante. « Ici, c’est une très belle place pour élever ses enfants. Je n’ai jamais peur pour eux. En Angleterre, les gens ont peur pour leurs enfants. Comme mère, c’est très important. »

Carolyne Taylor est l’exemple parfait que de suivre son cœur, de suivre l’amour, procure surprises et rebondissements dans une vie, et souvent, pour le meilleur.

 

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