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14 juillet 2020

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

L’Alliance éolienne de l’Est demande un appel d’offres de 1 200 MW

Alliance éolienne de l’Est

Éoliennes

©Deposiphotos

Les partenaires impliqués considèrent qu’il serait possible de démarrer la mise en chantier de ce nouveau projet dès 2021.

L’Alliance éolienne de l’Est voit grand. Le regroupement demande au gouvernement du Québec le développement et la mise en service de parcs éoliens communautaires via un appel d'offres de 1 200 mégawatts.

Ce projet d’affaires d’envergure représente des investissements de plus de 3 milliards de dollars et des bénéfices nets attendus dans les communautés de 35 à 40 millions de dollars par année. Rappelons que les 154 municipalités de l’Est-du-Québec sont copropriétaires à 50 % des parcs éoliens Roncevaux et Nicolas-Riou. Elles ont ainsi reçu 6 M$ en 2019 seulement.

Les partenaires impliqués considèrent qu’il serait possible de démarrer la mise en chantier de ce nouveau projet dès 2021, alors qu’un début des opérations commerciales serait envisageable en 2024. Le tout a été déposé dans le contexte où le gouvernement du Québec a invité les régions à présenter des priorités de développement contribuant à relancer l'économie affaiblie par la crise sanitaire.

Inclure Chaudière-Appalaches

 

Pour l’occasion, l’Alliance éolienne de l’Est – formée des Régies intermunicipales de l’Énergie du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine – s’est associée aux MRC de l’Islet et de Montmagny. C’est à ces endroits que seraient érigés les futurs parcs éoliens. Des études de vent et de préfaisabilité ont déjà été menées et le potentiel y serait fort intéressant selon Simon Deschênes, le président de la Régie intermunicipale de l’Énergie de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. « On a approché les deux MRC en question pour voir si elles avaient de l’intérêt dans ce projet suprarégional et ç’a été le cas. Des compagnies privées productrices d’énergie renouvelable ont fait pendant plusieurs années des tests et des mesures et on sait qu’il y a un fort potentiel dans ce coin-là », explique-t-il. La proximité de la ligne principale de transport d'électricité serait aussi un avantage.

Manque en vue

 

L’Alliance a participé il y a 3 semaines à une consultation avec Hydro-Québec, qui aurait confirmé qu’il y aurait une carence énergétique au Québec à partir de 2025-2026. Dans la dernière mouture de sa politique énergétique, le provincial avait indiqué qu’il n’y aurait pas de nouveaux appels d’offres pour l’éolien tant que les surplus d’électricité seraient élevés. « Il va y avoir des besoins. Il va falloir de nouveaux projets énergétiques au Québec. Donc pour s’y préparer, nous on aimerait une mise en chantier dès 2021. On pourrait aider Hydro-Québec à combler la carence qui se pointe », ajoute Simon Deschênes. Ce dernier rappelle d’ailleurs que la société d’État a formé une alliance avec Innergex en février, prenant l’engagement d’investir 500 millions de dollars dans de futurs projets d’énergie renouvelable. Elle devenait aussi propriétaire de parcs éoliens; une première dans son histoire et une ouverture intéressante dans les circonstances pour la filière éolienne. « Il y a un changement de culture autant au gouvernement que chez Hydro-Québec. Le momentum est là actuellement pour les énergies renouvelables. Si on ajoute la carence énergétique anticipée et le dépôt du projet suprarégional, on croit pouvoir capter l’attention du gouvernement [...] On croit fermement que pour une relance économique, c’est stimulant et les municipalités touchent leur part de profit, ce qui par la suite les aide à accélérer des investissements dans les communautés et garder un niveau fiscal assez stable », ajoute Simon Deschênes.

Concurrentiel

 

Le consortium déposera le projet cet été au gouvernement du Québec et à la ministre responsable de la région de la Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent, Marie-Ève Proulx. Selon le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, le Québec comptait très exactement 3 878,9 MW d’énergie éolienne en 2018. Le projet de l’Alliance de l’Est viendrait donc augmenter de près du tiers cette capacité de production, pour dépasser le cap de 5 000 MW. À Radio-Canada l’an dernier, le directeur de Nergica Frédéric Côté expliquait que le coût de l’énergie éolienne avait diminué de 70% dans les 10 dernières années. Son prix était descendu sous les 0,04$ du kilowattheure. « Les derniers parcs éoliens ont sorti à environ 4 sous. On est concurrentiels voire à rabais sur bien d’autres formes d’énergie, confirme Simon Deschênes. Ce discours-là de bashing sur les prix de l’éolien est derrière nous. Nous sommes une énergie renouvelable, propre et à prix concurrentiel, donc je pense que c’est avantageux pour l’Est et l’ensemble des Québécois. »

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