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01 juin 2020

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

La plus vieille maison de la Gaspésie s’envole en fumée

MAISON BUSTEED

Maison Busteed

©Photo Gracieuseté Michel Goudreau / Société historique Machault

De la maison Busteed, il ne reste plus que la cheminée et des cendres.

Immeuble classé patrimonial par le gouvernement du Québec en 1987, la maison Busteed de Pointe-à-la-Croix a été la proie des flammes hier soir.

Une douzaine de pompiers ont combattu le brasier, en vain. La plus ancienne résidence de la péninsule gaspésienne n’est plus et seule reste la cheminée au centre d’un amas de cendres et de débris. La maison Busteed n’était pas habitée.

Pas plus tard que la semaine dernière, des traces de feu avaient été observées sur la galerie avant, ce qui laisse croire que l’incendie pourrait être d’origine criminelle. Le tout n’était pas confirmé au moment d’écrire ces lignes.

Rappelons que la maison a été bâtie en 1800 par Thomas Busteed lui-même, un immigrant irlandais qui est arrivé sur place le 10 juillet 1786. Elle a été habitée par ses descendants pendant très exactement 209 ans, avant d’être vendue au gouvernement du Canada pour 800 000$, incluant un terrain de 400 hectares, qui a ensuite cédé le tout en 2012 au Conseil de bande de Listuguj. La résidence constitue un témoin de la colonisation de ce secteur de la Gaspésie par des colons d'origine britannique à la fin du XVIIIe siècle.

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Pour les Mi’gmaq, c’est aussi le symbole de la perte de leurs terres ancestrales, l’effritement de leur culture et de leur identité au fil des décennies, comme l’expliquait le chroniqueur Pascal Alain dans les pages du Graffici en mars 2019. Dans tous les cas, la maison Busteed – aussi connue sous le nom de Bordeaux House – est partie en fumée.

Malheureusement prévisible

 

Pour Michel Goudreau, président de la Société historique Machault, il s’agit d’une perte pour la communauté. « C’est vraiment triste de voir ça partir. C’était un joyau du patrimoine gaspésien. La famille Busteed – une famille de loyalistes – y a habité pendant plus de 200 ans. Le manque de courage politique des gouvernements d’agir quand il le faut, ça fait en sorte que la maison a été laissée un peu à l’abandon [...] Le gouvernement du Québec et le ministère de la Culture n’ont rien fait pour s’assurer de sa protection. »

Même son de cloche pour Jean-Marie Fallu, le président de Patrimoine Gaspésie, qui estime que le sort fatidique était prévisible, en majorité en raison de l’inertie des gouvernements du Québec et du Canada face aux menaces connues de détérioration de ce bien patrimonial classé. « On ne peut que conclure qu’il s’agit là d’un échec de conciliation et de concertation entre la communauté micmaque de Listuguj et les autorités provinciale et fédérale en matière de patrimoine. Quelle situation déplorable! Encore le patrimoine qui écope. Et quand notre patrimoine est méprisé, c’est notre identité et notre fierté d’appartenance qui sont touchées au cœur et fortement ébranlées. »

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