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02 mars 2020

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Blocus ferroviaire: nouveau revers pour la SCFG

SCFG

©Photo Chaleurs Nouvelles - Roxanne Langlois

BLOCUS. Si la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) a cru enfin être en mesure de faire passer un convoi de pales d’éoliennes coincé à New Richmond depuis le début du blocus ferroviaire sur le territoire de la communauté autochtone de Listuguj, celle-ci a une nouvelle fois mordu la poussière au cours du week-end. Le blocus se poursuit d'ailleurs pour une 22e journée au lendemain de l'annonce d'une entente de principe dans le dossier de la crise autochtone.

Des discussions ont eu lieu au cours des derniers jours entre l’organisme à but non lucratif qui opère sur le rail appartenant à Québec et différents acteurs impliqués dans le dossier. Si la SCFG se fait plutôt discrète sur la question, on sait que ces pourparlers, encourageants, se sont soldés par l’autorisation de passage d’un chasse-neige vendredi soir au passage à niveau du chemin Gospem, où le barrage est érigé. Seulement deux manifestants était présents et la tempête de la veille rendait nécessaire cette opération.

« On a déblayé la voie de Nouvelle à Matapédia et on a ramené deux locomotives qui étaient à Matapédia », explique le président de la SCFG, Éric Dubé. Le rapatriement de ces deux locomotives était nécessaire pour que puisse être tiré le convoi de 72 wagons transportant 48 pales d’éoliennes produites chez LM Wind Power de Gaspé. Ces pièces devaient être acheminées vers le Texas le 13 février dernier, mais sont demeurées coincées à New Richmond depuis.

Comme la SCFG était parvenue à passer le vendredi soir, Éric Dubé admet qu’il avait « bon espoir » que le scénario se répète le lendemain, d’autant plus que les discussions laissaient présager une issue positive. Or, l’instance a plutôt eu une mauvaise surprise.

« On est partis de New Richmond samedi sur l’heure du souper avec notre convoi de pales d’éoliennes, mais au lieu de deux ou trois personnes, on a été accueillis par 40 à 50 personnes. On est revirés de bord », relate M. Dubé, qui souligne que le train a fait machine-arrière à environ trois kilomètres du blocus.

Le convoi de deux kilomètres est ainsi retourné, à reculons, à Nouvelle ; il sera ramené à New Richmond dès que possible. Contrairement à Matapédia, Nouvelle se veut une solution très temporaire ; les locomotives qui y sont stationnées doivent y fonctionner 24 heures sur 24 en absence de système électrique conçu pour éviter leur gel.

Déception

Éric Dubé ne cachait pas sa déception en ce 22e jour de barrage et avoue se sentir « pris en otage ». Celui qui est également maire de New Richmond et préfet de la MRC Bonaventure peine à croire que l’entente de principe intervenue entre les chefs héréditaires de la communauté autochtone britanno-colombienne de Wet'suwet'en et les gouvernements fédéral et provincial, annoncée hier matin, fera bouger les manifestants de Listuguj à très court terme. « Je ne veux pas être prophète de malheur, mais j’ai l’impression qu’on va encore passer une autre semaine de même », lance le président. 

Selon lui, les pertes financières de la SCFG engendrées par la crise ferroviaire se chiffrent désormais à environ un demi-million $. L’organisme a mis à pied temporairement 15 de ses 34 employés le 21 février dernier, mais n’a pas l’intention de sabrer une nouvelle fois dans ses effectifs au courant des prochains jours. Éric Dubé mentionne que l’instance fera les démarches nécessaires auprès du gouvernement provincial une fois que la situation sera résorbée afin de voir comment peuvent être compensées cet important déficit.

Rappelons que les manifestants qui se relaient toujours au camp de fortune érigé à Listuguj agissent en soutien aux chefs héréditaires de la communauté autochtone Wet'suwet'en de la Colombie-Britannique; ceux-ci s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink prévu sur leurs terres ancestrales.

Selon ce que rapporte Radio-Canada, ils attendraient le feu vert de Wet'suwet'en avant de lever la barricade et seraient disposés à y demeurer encore deux semaines, le temps que l'entente de principe soit examinée.

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