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15 janvier 2020

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Simone Santelmo : quand l’appel de la paternité est un interurbain

Simone Santelmo

©Photo Chaleurs Nouvelles - Roxanne Langlois - Chaleurs Nouvelles

Comme le veut la tradition de Passeport pour la Baie-des-Chaleurs, le Chaleurs Nouvelles a demandé à Simone Santelmo de choisir un endroit significatif pour lui afin de s’y faire photographier. Il a opté pour le secteur de la tour des sternes et du quai de Carleton-sur-Mer, où il se déplace souvent, durant l’été, avec son fils Matteo.

PORTRAIT. Lorsque Simone Santelmo quitte l’Italie pour l’Australie avec l’intention de « changer de vie », il est bien loin de se douter qu’il se retrouvera, quelques années plus tard, à Carleton-sur-Mer et que sa venue au Canada reposera sur une envie ainsi que sur une responsabilité fort significatives : devenir papa.

L’homme originaire de Viterbo, une ville située à 80 kilomètres au nord de Rome, met la main à 29 ans sur un visa d’un an lui permettant de travailler sur une ferme australienne et de visiter le pays. Il vient alors de perdre son propre père. Le voyageur rencontrera, sur son lieu de travail, une Gaspésienne d’origine avec qui il se liera rapidement, ce qui changera significativement la suite des choses. « Elle est tombée enceinte là-bas, à Darwin, alors qu’on se connaissait depuis environ six ou sept mois. On a choisi de garder l’enfant. On était à 20 000 kilomètres de distance de chez moi », se remémore celui dont le prénom se prononce « Simôné ».

Il s’avère juridiquement complexe pour les deux étrangers de fonder une famille en Australie en raison de leur statut temporaire; ils optent alors pour le Canada. Simone débarque en sol canadien le 18 décembre 2013, un mois avant la naissance de son fils Matteo. Le couple s’établit à Carleton-sur-Mer, d’où est originaire la future maman, et se marie le mois suivant. Celui qui possède sa résidence permanente depuis 2015 admet que la séquence des événements s’est déroulée à vitesse grand V : « Je suis une personne qui s’adapte facilement. C’est une chose qui m’a toujours aidé dans la vie ».

Le nouveau papa qui œuvrait dans son pays natal dans le domaine du transport décroche rapidement un emploi de livreur pour le BMR Groupe Cormier, à New Richmond ; il parle alors déjà anglais et français, deux langues apprises lorsqu’il résidait toujours en Europe. Il s’acclimate très facilement à son nouveau territoire. « C’est facile, il n’y a qu’une route! À Rome, dans les embouteillages du centre historique quand il mouille, qu’il y a une grève, un ministre en visite et des touristes, c’est pire! », lance-t-il en riant. L’homme de 37 ans est de nos jours responsable des livraisons pour la même entreprise. Ce dernier se réjouit d’ailleurs de la facilité avec laquelle il est parvenu à se trouver du travail ; règle générale, il est selon lui beaucoup plus ardu de le faire en Italie.

Aujourd’hui divorcé et en couple depuis deux ans avec une Gaspésienne d’origine prénommée Samuelle, Simone Santelmo a la garde partagée de son grand garçon, désormais âgé de six ans. « Pour moi, c’est la chose la plus dure de ne pas voir mon gars tous les jours. Ça, c’est mon côté italien très familial », confie-t-il en entrevue.

S’il estime que le Canada est l’un des meilleurs pays où l’on puisse vivre, ce dernier admet parfois s’ennuyer de son pays natal… et de sa température! Les longs hivers gaspésiens constituent en effet un élément qu’il a dû apprivoiser au fil des ans. Mentionnant avoir été accueilli de façon très chaleureuse par son ancienne belle-famille, Simone a néanmoins trouvé son arrivée chez nous… plutôt froide! « J’ai compris tout de suite c’était quoi, l’hiver ici. Avoir les poils du nez gelés, pour moi, c’était une première expérience! », glisse le sympathique immigrant en riant.

Sans encore avoir mis le doigt sur la façon dont il y parviendra, le père de famille rêve de lancer une entreprise touristique qui ferait concrètement le lien entre la Gaspésie et l’Italie. Fortement attaché à son garçon, il ne regrette en rien les dernières années et le parcours inattendu qu’il l’a mené dans la Baie-des-Chaleurs.

L’Italie dans le sang

S’il s’intègre plutôt bien dans sa communauté d’accueil, le Gaspésien d’adoption se considère d’abord et avant tout Italien. Extrêmement fier de ses origines et souhaitant conserver son accent, le trentenaire estime crucial de garder un lien étroit avec son pays natal. C’est notamment pour cette raison qu’il parle italien avec son garçon à la maison : « Je veux qu’il garde ce côté-là de lui. Il a une grande chance, il a deux cultures dans le sang ».

Le petit Matteo s’est mis au soccer l’été dernier au sein de l’équipe U6 de Carleton-sur-Mer, dont Simone était l’un des entraîneurs bénévoles ; le choix de cette discipline sportive immensément prisée par les Italiens a fait sourire M. Santelmo. « Je jure que je ne l’ai pas obligé ! », lance-t-il avant d’éclater de rire de nouveau.

Simone Santelmo s’implique de près dans les activités du Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de sa MRC et n’hésite jamais une seule seconde à prêter main-forte à une personne immigrante qui vient d’atterrir chez nous. Ce dernier fait également la promotion de la région chaque fois que l’occasion se présente ; il a d’ailleurs récemment participé à un tournage promotionnel réalisé par la Stratégie Vivre en Gaspésie.

Commentaires

16 janvier 2020

Gaetan hudon

C.est un exemple très bien intégré

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