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Passeport pour la Baie-des-Chaleurs

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04 décembre 2019

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Nancy Kahi : le désir d’œuvrer pour ses concitoyens

Originaire du Liban

Nancy Kahi

©Photo Chaleurs Nouvelles - Roxanne Langlois

IMMIGRATION. Ayant suivi son mari médecin de famille du Liban au Québec, Nancy Kahi atterrit à Bonaventure en juillet 2017. Pharmacienne de profession dans son pays natal, la maman de deux jeunes enfants nés en terre gaspésienne a deux projets dans les cartons : élever sa famille dans un milieu sécuritaire qu’elle adore… et mettre la main sur l’équivalence qui lui permettra de reprendre sa carrière chez nous.

Diplômée de la Libanese International University, la jeune femme de 29 ans a pratiqué pendant deux ans dans son domaine au Liban avant d’immigrer au Québec. Son mari, l’omnipraticien Dr Walid Chababi, qui pratique désormais au CLSC de Paspébiac, avait bouclé sa résidence en médecine à Maria. C’est lui qui lui parle du Québec et de ses opportunités.

Le couple débarque d’abord à Montréal en 2016 ; Nancy réalise rapidement que la métropole n’est pas faite pour elle. « J’ai essayé pendant un mois, mais je n’ai pas pu tolérer le trafic, le stress et la façon dont les gens conduisent », avoue-t-elle avant de s’esclaffer.

Marié depuis 2015, le duo met alors le cap sur Carleton-sur-Mer, puis sur Bonaventure, où il acquiert sa résidence actuelle. Celle qui adore la neige et la nature trouve littéralement chaussure à son pied dans cette municipalité. Aujourd’hui, elle ne regrette en rien cette décision cruciale qu’a été celle de s’installer dans la Baie-des-Chaleurs.

Nancy Kahi

©Photo Chaleurs Nouvelles-Roxanne Langlois

« Les gens sont très, très, très accueillants. Ça m’a soulagé un peu. Je ne me sens plus comme une étrangère, même plus dans mon lieu de travail. Tout le monde a été très gentil, spécialement les gens de Bonaventure. Je sens qu’ils nous aiment beaucoup », admet-elle. « Dans ma tête, maintenant, c’est ici que je veux élever ma famille », ajoute Mme Kahi.

Le couple a maintenant deux enfants : Fayez, trois ans, et Anthony, 16 mois. À la maison, on parle aussi bien le français, que les deux parents maîtrisent très bien, que l’arabe, leur langue maternelle. Le plus vieux des garçons assimile d’ailleurs déjà les expressions gaspésiennes et québécoises, ce qui fait bien rire Nancy.

Aujourd’hui, la petite famille est bien intégrée et goûte aux plaisirs typiquement québécois, notamment le camping, la randonnée et la raquette. Nancy, qui adore pêcher au quai, compte aussi s’initier au ski alpin dès cet hiver. Le territoire gaspésien lui fait penser à sa propre ville d’origine, Bekaa, située à environ une heure de route de la capitale libanaise, Beyrouth.

La jeune maman admet se faire poser beaucoup de questions quant à son pays et sa culture; elle se plaît à démystifier le tout. Avec son époux, elle a d’ailleurs pris part, en 2018, à une activité nommée Café au Liban, tenue au centre Bonne Aventure qui lui a permis de faire découvrir à ses concitoyens des plats typiques de son pays ainsi que les costumes traditionnels.

(Re)pratiquer son propre métier

Nancy n’était débarquée à Bonaventure que depuis peu lorsqu’elle s’est fait offrir un emploi de technicienne à la pharmacie Uniprix Gaston Babin, à deux pas de chez elle ; elle y travaille depuis à temps partiel.

Elle étudie aussi afin de pouvoir éventuellement passer l’examen du Bureau des examinateurs en pharmacie au Canada (BEPC) ; le réussir lui donnerait le droit de pratiquer comme pharmacienne chez nous. Cette solution est la seule qui lui permettra de récupérer ce titre tout en demeurant en région, puisque la seule autre option possible est un cours de 16 mois exclusivement dispensé à l’Université de Montréal (UDM).

Mme Kahi croit d’ailleurs que l’instauration de formations offertes à distance faciliterait l’établissement en Gaspésie et dans les autres régions de personnes immigrantes désirant passer par le processus d’équivalence de leur diplôme. Tout compte fait, la pharmacienne ne compte pas abandonner son rêve.

« Je ne lâcherai pas, parce que les pharmaciens sont vraiment nécessaires pour la communauté. […] J’aime ma profession, c’est pour ça que j’ai choisi d’étudier en pharmacie. J’aime donner des conseils aux patients et tout ce qui est relié à la santé des gens », explique celle qui a hâte de pouvoir mettre son expertise au service de ses concitoyens de Bonaventure et des environs.

La Maison de la famille MRC Bonaventure

Lorsque le Chaleurs Nouvelles invite Nancy Kahi à nommer un endroit significatif pour elle, cette dernière n’hésite pas une seule seconde : elle opte pour la Maison de la famille MRC Bonaventure, située sur l’avenue Grand-Pré, à Bonaventure. Admettant que son intégration ne fut pas extrêmement facile lors de son arrivée, la mère de famille fait valoir que l’organisme a fait une différence concrète dans son quotidien ; elle qualifie même ses locaux de « deuxième maison ».

« J’ai pu rencontrer plusieurs autres femmes avec leurs bébés. On a discuté des défis que l’on peut rencontrer dans la communauté, au sein de la famille ou même dans un couple. Ça m’a fait aussi sortir de la maison pendant mon congé parental, après l’accouchement », se remémore-t-elle, immensément reconnaissante.

Commentaires

5 décembre 2019

Lily Talbot

On a besoin de gens extraordinaires comme ça au Québec! Merci de nous avoir choisis, bravo et bon courage pour vos réalisations.

5 décembre 2019

Carmen Arsenault

Quel bel article positif et rafraîchissant. Native de Bonaventure je sais que combien les gens sont accueillants et généreux. Cette famille aura une belle vie en Gaspésie.

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