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29 novembre 2019

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Maria : discorde au club La Bonne Entente

50 ans et plus

Club Bonne entente billard

©Photo Chaleurs Nouvelles - Roxanne Langlois

Francis Thériault et Herméline Whittom sont deux des membres qui déplorent l’actuel conflit. On les voit ici devant le centre communautaire de Maria où ils jouaient auparavant.

LOISIRS. Plus d’une quinzaine de membres du Club des 50 ans et plus La Bonne Entente de Maria qui fréquentaient auparavant le centre communautaire de l’endroit choisissent de tourner le dos à ce lieu important pour eux ; ils déplorent le fait qu’on leur interdise de s’adonner au jeu de billard de leur choix.

La discorde débute il y a quelques mois lorsqu’un premier membre suggère que les joueurs désirant jouer « balle en main » utilisent l’une des deux tables disponibles sur place. Plusieurs membres s’apprêtaient alors à prendre part à la discipline du billard aux Jeux des 50 ans et plus, compétition durant laquelle les matchs se jouent « balle en main ». La bisbille éclate alors.

Le conseil d’administration du club décrète officiellement, à la suite d’une réunion convoquée le 30 avril, que le huit joué de façon régulière sera le seul jeu permis à Maria. Des membres déçus s’unissent alors afin de demander aux dirigeants de reconsidérer leur position, en vain.

Pour la liberté de jeu

Francis Thériault et Herméline Whittom, tous deux retraités, fréquentaient les lieux dans la bonne humeur jusqu’aux récents événements. Les deux membres, qui précisent être épaulés par de nombreux autres, dénoncent la situation.

« Nous autres, tout ce qu’on demande, c’est la liberté de jeu. On ne veut pas à faire imposer quoi que ce soit à nos âges, on va là pour s’amuser et avoir du plaisir », lance M. Thériault, un joueur de 72 ans qui a remporté de nombreux tournois.

Mme Whittom, qui appréciait aller regarder les parties de billard et espérait pouvoir apprendre davantage, est pour sa part extrêmement déçue de la situation. « Ça divise, s’attriste-t-elle. Je trouve ça tellement dommage! Moi, je ne veux pas me battre, je veux de l’amitié et c’est pour ça que je suis membre du club ».

M. Thériault souhaite d’ailleurs rencontrer le maire de Maria, Christian LeBlanc, afin de discuter du conflit en cours. « On veut faire valoir qu’on est des gens de Maria, qu’on paie nos taxes et que le centre communautaire est autant à nous qu’aux autres citoyens », plaide le Marien.

Contacté par le Chaleurs Nouvelles, le premier magistrat a confirmé avoir déjà été interpellé sur la question. « Je fais confiance aux gens pour qu’ils trouvent ensemble un terrain d’entente s’il y a lieu. Le club a sa gestion et je ne veux surtout pas faire d’ingérence là-dedans. Je respecte leur autonomie », fait-il valoir, rappellant que l’organisme est un locataire du centre communautaire.

« Barré » des autres clubs

Plus d’une quinzaine de membres ont décidé, comme M. Thériault, de se procurer une carte de membre-ami dans un club d’une municipalité voisine afin d’y jouer le jeu de leur choix à l’abri de la discorde. Le Carrefour des 50 ans et plus, auquel sont affiliés les différents clubs, prévoit cette possibilité.

Or, M. Thériault raconte s’être buté, il y a quelques jours, à une fin de non-recevoir lorsqu’il a tenté de le faire à Carleton ainsi qu’à New Richmond. « Que j’aille à Carleton, à Saint-Omer ou à Bonaventure, je suis barré. J’aime le billard, mais là je ne peux plus le jouer dans une association », déplore-t-il.  Selon ce qui lui a été rapporté, il s’agirait d’une directive émanant du Carrefour qui le concernerait directement ainsi qu’un de ses amis, qui a été formellement exclu dans le sillage du conflit relatif au billard.

Le Carrefour rétorque

La directrice générale du Carrefour des 50 ans plus du Québec pour le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, Céline Gagnon, est bien au fait de la situation. Elle rappelle toutefois qu’à l’instar des autres instances similaires, le Club La Bonne Entente, un organisme à but non lucratif, est entièrement souverain; son conseil d’administration a donc le pouvoir de légiférer sur quels jeux seront joués sur les tables qui lui appartiennent. Ses règlements généraux prévoient également qu’une exclusion est envisageable si un membre contrevient à son règlement.

Mme Gagnon se dit d’ailleurs désolée des proportions qu’a prise la situation, mais précise que le Carrefour n’est pas en mesure de rectifier le tir. « Je pense que le conflit a duré trop longtemps et il y a eu beaucoup, de ce que j’en ai entendu dire, d’harcèlement psychologique. Ça a beaucoup dégénéré », déplore-t-elle.

La directrice générale jure par ailleurs que l’organisation qu’elle dirige n’a donné aucune directive en ce qui a trait au refus d’émettre des cartes à certaines personnes, dont M. Thériault. « Entre petites municipalités, ça se parle, et entre clubs également. Si ce monsieur-là a été refusé ailleurs, il doit y avoir des raisons, mais je ne les connais pas », fait valoir la gestionnaire, qui ajoute que les regroupements locaux peuvent refuser d’émettre une telle carte.

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