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14 août 2019

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Le député Roy adopte un toutou en soutien à la protection de la jeunesse​​​​​​​

©Photo Chaleurs Nouvelles - Roxanne Langlois

La représentante nationale de l’APTS en Gaspésie, Guylaine Michel, accompagnée du président de l’exécutif du syndicat en régional, Richard Brault, a remis une peluche au député de Bonaventure Sylvain Roy.

JEUNESSE. Le député de Bonaventure Sylvain Roy s’est fait offrir une peluche, mercredi. Si l’objet semble pour le moins banal, il vise à lui rappeler un enjeu qui est, pour sa part, des plus fondamentaux : la précarité des services sociaux dédiés aux enfants ainsi que l’importance d’agir en faveur de leur protection.

« Maélie, six ans. Victime d’abus physique et de négligence. En foyer d’accueil depuis l’âge de deux ans et demi. Retard de développement important. Sur une liste d’attente pour l’orthophonie. Répète sans cesse qu’elle retournera chez sa maman bientôt ».

Voilà la note accrochée au cou du toutou que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a confié à l’élu dans le cadre de sa campagne nationale de sensibilisation « Toutou cherche député(e) d’accueil ».

Cette description, bien que fictive, représente l’un des nombreux enfants auprès desquels les intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) ont à intervenir chaque jour en province. La peluche vise à ce que son destinataire garde en tête les différentes réalités de ces enfants soit les prenne en compte dans ses décisions.

« Un toutou, ça se met bien mal sous une pile de dossiers », image la représentante nationale de l’APTS en Gaspésie, Guylaine Michel. M. Roy a accepté d’adopter le petit singe et de mettre bien en vue dans son bureau de circonscription de Carleton-sur-Mer. I

l souligne d’ailleurs qu’il s’agit, pour lui, d’un objet hautement symbolique. « C’est souvent le dernier confident d’un enfant qui vit une détresse puissante. Quand l’enfant n’a plus personne sur qui compter, il va se confier à son toutou », explique l’élu.

Des quelque 125 élus québécois approchés par l’APTS, 21, principalement issus de l’opposition, ont accepté de recevoir une peluche. La députée de Gaspé Méganne Perry Melançon a d’ailleurs reçu le sien à la fin juillet.

La période estivale, période durant laquelle les travaux sont ajournés à l’Assemblée nationale, a été volontairement choisie pour la distribution des toutous afin que la sensibilisation se poursuive. « La misère, la négligence, les abus et la violence faits aux enfants, malheureusement, ne prennent pas de vacances », rappelle Guylaine Michel.

Des actions immédiates réclamées

Si l’APTS a décidé de mettre en branle « Toutou cherche député(e) d’accueil », c’est que le syndicat, qui représente environ 125 intervenants de la DPJ en région, milite pour que des stratégies et des ressources soient déployées dans l’immédiat afin de soutenir les enfants.

Si Mme Michel salue l’annonce de la création, par le gouvernement de François Legault, de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse à la suite du décès tragique d’une fillette de sept ans maltraitée à Granby, cette dernière juge que des solutions doivent être trouvées à plus court terme.

Québec doit investir davantage, maintient-elle : « Le premier ministre a annoncé qu’il y aurait un avant et un après Granby. Nous, on veut y croire, mais on continue quand même de taper sur le clou parce que ça prend des moyens concrets dès maintenant ».

Celle qui souhaite avant tout éviter qu’un tel drame ne survienne de nouveau en province déplore que le regard du gouvernement soit actuellement « uniquement centré sur la pointe de l’iceberg », c’est-à-dire les listes d’attente en centre jeunesse.

Les ressources sur le terrain sont, poursuit-elle, épuisées en plus d’être surchargées. Le nombre de signalements, quant à lui, n’a fait qu’augmenter au courant des dernières années. « Plusieurs intervenants ont actuellement 28 à 30 dossiers. C’est sûr qu’à ce moment-là, on ne peut pas faire autrement qu’avoir des failles dans la façon dont on donne les services », résume-t-elle, ajoutant que la moyenne devrait plutôt se situer à 18.

Il faut véritablement donner la latitude des intervenants de protéger les enfants, fait pour sa part valoir Sylvain Roy : « On n’a pas inventé la lumière électrique en modernisant la chandelle. Dans le cas de la DPJ, il y a peut-être une réflexion fondamentale à faire sur les capacités opérationnelles de ceux qui sont sur le terrain, qui vivent des situations tragiques et qui doivent réagir rapidement ».

Des besoins importants

Selon l’instance syndicale, il faudrait des investissements totaux de 270 millions $ pour entièrement répondre aux besoins des enfants et de leurs familles au Québec, que l’on parle de services de première ou de deuxième ligne. Ce montant approximatif est donc bien plus élevé que les 47 millions annoncés le mois dernier par le ministre Lionel Carmant.

Selon les informations obtenues par Guylaine Michel, entre 600 000 $ et 650 000 $ seront, de ce montant, dévolus à la péninsule et devraient permettre la récréation de cinq postes d’intervenants, ce qui est encore selon elle insuffisant. Aucune somme ne serait néanmoins prévue pour le territoire des Îles-de-la-Madeleine.

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