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02 août 2019

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Hôpital de Maria : deux sages-femmes en renfort

Sage-femme - Obstétrique - Hôpital de Maria

©Photo Chaleurs Nouvelles - Roxanne Langlois

Le CISSS de la Gaspésie avaient fait appel aux services d'une sage-femme les 25 et 26 juillet dernier pour le département d'obstétrique de l'hôpital de Maria.

SANTÉ. Après une rupture de service en mai ainsi qu’un épisode similaire survenu les 25 et 26 juillet à l’hôpital de Maria, voilà que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie a fait appel à deux sages-femmes afin d’assurer le fonctionnement du service d’obstétrique ce week-end.

La responsable de la mise sur pied du futur service sage-femme de la Baie-des-Chaleurs ainsi qu’une deuxième professionnelle de l’accouchement en provenance de l’extérieur de la région ont été appelées en renfort afin d’éviter la fermeture du département. Cette situation est causée par le manque d’infirmières disponibles.

Par voie de communiqué, le CISSS de la Gaspésie s’est fait rassurant quant à ce choix. Il rappelle que la sage-femme qui sera en poste pour chaque quart de travail sera accompagnée d’un médecin accoucheur ainsi que d’une infirmière. De plus, peut-on y lire, les patientes enceintes de plus de 36 semaines susceptibles d’avoir recours aux services d’obstétrique au courant de la fin de semaine ont toutes été informées de la situation actuelle par le chef de l’unité.

« Les femmes contactées accueillent positivement la nouvelle et se disent soulagées de pouvoir accoucher à Maria », fait valoir le réseau régional de la santé. Si des transferts doivent être effectués en fonction des conditions cliniques des patientes, ceux-ci seront effectués en ambulance, et ce, vers un corridor de service organisé.

Décision critiquée par le SIIIEQ

Si cette décision évitera le transfert systématique des femmes sur le point d’accoucher à l’hôpital de Campbellton, elle fait hautement réagir le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est du Québec (SIIIEQ), Pier-Luc Bujold, qui la juge « dangereuse et un peu improvisée ».

Ne souhaitant pas dénigrer cette profession, celui-ci plaide néanmoins que les sages-femmes ne sont pas formées pour intervenir dans le cadre de grossesses et d’accouchements à risques.

« Elles ne peuvent pas faire de monitoring fœtal, donc ne peuvent pas suivre les battements cardiaques des bébés. Elles ne peuvent pas non plus aller au bloc opératoire en cas de césarienne ni administrer de la médication ou faire des évaluations médicales lorsqu’il y a des complications », énumère-t-il.

Selon le syndicaliste, le remplacement d’une infirmière par une sage-femme ajoute «de la pression, une charge et de l’anxiété » à ce qui est déjà vécu par le personnel infirmier du centre hospitalier, qu’il décrit à bout de souffle et épuisé.

Pier-Luc Bujold ajoute que le CISSS « s’aventure sur un terrain glissant » en suppléant des infirmières par des sages-femmes, et ce, après une première période de précarité vécue à la fin juillet. « Pour eux, ça a fonctionné une fois, donc ils le refont une deuxième fois », clame celui qui revendique une commission d’enquête sur la situation du réseau de la santé gaspésien.

Rappelons qu’en raison d’un manque d’effectif, une future maman de la Baie-des-Chaleurs a dû être transférée à Campbellton le 26 juillet dernier pour y accoucher.

Les médecins approuvent, mais…

L’équipe de médecins de famille accoucheurs a acheminé un communiqué vendredi en début de journée aux médias dans lequel elle déplore la grande précarité actuellement vécue au département d’obstétrique de Maria. Celle-ci dit toutefois accepter l’intégration temporaire de sages-femmes au sein de l’équipe traitante « dans le but de préserver les services essentiels à la population ».

« Nous croyons que cette alternative est plus acceptable que la fermeture complète du service, surtout en sachant que plusieurs patientes sont actuellement à terme et peuvent accoucher à tout moment dans les prochains jours. Nous tenons à mentionner que la situation actuelle était prévisible et dénoncée depuis longtemps par toute l'équipe médicale et infirmière », peut-on lire dans le communiqué signé par la cheffe du département d'obstétrique de l'hôpital de Maria, Johanne St-Laurent.

Le Collectif ASFBDC optimiste

Le collectif Accès Sages-Femmes Baie-des-Chaleurs (ASFBDC) qui milite depuis une dizaine d’années en faveur du service qui devrait finalement voir le jour ce mois-ci, a sursauté lorsqu’il a pris connaissance des propos du leader syndical Pier-Luc Bujold.

Sa porte-parole, Marie-Josée Racine, ne réfute pas le fait que le champ d’action d’une sage-femme soit limité, mais rappelle que celle-ci a profité, au cours de sa formation universitaire, d’un stage en milieu hospitalier; elle est ainsi habile à y intervenir, entourée de d’autres professionnels.

 Si elle avoue ne pas être une experte en la matière, Mme Racine croit humblement que l’ajout d’une sage-femme au sein d’une équipe ne représente pas un danger supplémentaire pour les femmes enceintes et leur progéniture, au contraire, puisqu’il contribuera à éviter des transferts qui peuvent s’avérer longs.

« Il y a des femmes qui risquent d’accoucher dans la voiture ou dans l’ambulance. De mon point de vue, je trouve que c’est bien moins risqué de les garder à l’hôpital de Maria », explique la militant.

Optimiste, cette dernière croit néanmoins que la cohabitation actuelle des différents corps de métier contribue à démystifier la profession de sage-femme. Elle met aussi la table, en quelque sorte, à la future collaboration qui se concrétisera sous peu avec le début du service sage-femme.

 

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