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23 mai 2019

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Une « grande séduction » pour attirer des sages-femmes

©Gracieuseté - Deposit Photos

Les suivis de grossesse devraient démarrer en juin prochain.

SANTÉ. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie fait actuellement des pieds et des mains pour recruter deux sages-femmes désirant pratiquer dans la Baie-des-Chaleurs, allant jusqu’à proposer un total de 30 000 $ en bourses à une étudiante qui paraphera un contrat de trois ans.

« On fait ce qu’on pourrait appeler une grande séduction », admet en riant Connie Jacques, présidente-directrice générale adjointe du CISSS. Les premiers suivis de grossesse devraient officiellement débuter en juin grâce à la présence de la nouvelle responsable du service et sage-femme, Véronique Gauthier.

Trois professionnelles de l’accouchement sont néanmoins nécessaires pour le déploiement complet de l’offre sur le territoire. « On aimerait vraiment qu’au moins une deuxième personne nous confirme rapidement qu’elle va se joindre à notre équipe », admet Mme Jacques.

Rappelons que Mme Gauthier est entrée en poste l’automne dernier afin de jeter les bases du nouveau service. Son arrivée fait suite à environ dix années de mobilisation du Collectif Accès Sages-femmes Baie-des-Chaleurs (ASFBDC).

Le réseau de la santé régional affiche actuellement en continu une offre d’emploi pour pourvoir ses deux postes ; de nombreuses activités de recrutement et approches ont d’ailleurs été faites à ce jour. Si des candidates ont été rencontrées en entrevue, aucune n’a encore choisi de faire le saut en région.

Connie Jacques constate qu’une réelle pénurie est en cours au Québec. « Il y a beaucoup de services en développement et je ne crois pas, à l’heure actuelle, que l’on a assez de sages-femmes pour répondre aux besoins. Ça me semble assez clair », déplore-t-elle.

Aux grands maux, les grands remèdes

Si le CISSS de la Gaspésie a déjà proposé, par le passé, des bourses à de futurs orthophonistes ou psychologues, le réseau de la santé a pris la décision de faire de même pour une sage-femme.

Ainsi, une candidate à l’obtention du baccalauréat en pratique sage-femme, exclusivement dispensé à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), pourrait recevoir 15 000 $ pour chacune de ses deux dernières années d’études en retour d’un engagement à pratiquer trois ans pour le CISSS de la Gaspésie.

« C’est l’un des moyens qui pourrait nous aider à attirer et à garantir la présence d’une sage-femme pour trois ans. On connaît la suite. Habituellement, en trois ans, les gens tombent en amour avec la région et ils restent », lance la gestionnaire avant de s’esclaffer.

Porte-parole d’Accès Sages-femmes Baie-des-Chaleurs (ASFBDC), Marie-Josée Racine applaudit l’initiative du CISSS. L’association met également l’épaule à la roue pour dénicher les deux heureuses élues.

Celle-ci est d’ailleurs en contact avec le Regroupement Les sages-femmes du Québec et lui a acheminé du contenu vidéo mettant en valeur la région. « Je pense que l’ensemble des sages-femmes du Québec sont actuellement au courant qu’il y a deux postes ouverts en Gaspésie », blague Mme Racine.

Un début

Dès le lancement du service, Véronique Gauthier se déplacera au domicile des familles désirant entreprendre un suivi. Deux professionnelles de la santé étant généralement nécessaires pour un accouchement à domicile, les futurs parents seront avisés des limites actuelles.

Sans nouvelle sage-femme, on envisage en effet, dans un premier temps, de procéder aux premiers accouchements à l’hôpital de Maria; la sage-femme en poste serait ainsi accompagnée, par exemple, d’une infirmière.

« On est en train de regarder des façons novatrices pour être en mesure, si on ne recrute pas de candidate prochainement, d’aussi procéder à des accouchements à l’extérieur de l’hôpital », avance Connie Jacques.

Le nombre de nouveau-nés voyant le jour n’étant pas suffisant pour qu’une maison de naissances soit mise sur pied dans la Baie-des-Chaleurs, un lieu pourrait néanmoins être prévu pour les mamans qui ne désirent pas donner naissance en milieu hospitalier, mais qui demeurent trop loin de l’hôpital pour opter pour leur résidence.

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