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24 avril 2019

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Le projet Harmonie Inter-communautés déployé à l’échelle provinciale

©Photo Gracieuseté - Harmonie Inter-communautés

Harmonie Inter-communautés amène les enfants des communautés francophone et autochtone à mieux se connaître via l’envoi de dessins ou de lettres. Des activités sont ensuite organisées afin qu’ils puissent se côtoyer et échanger.

COMMUNAUTÉ. Implanté chez nous en 2002, le projet Harmonie Inter-communautés fera officiellement des petits ailleurs en Gaspésie et au Québec. Un guide d’implantation visant à reproduire cette initiative favorisant des rapprochements interculturels entre les enfants d’âge primaire est actuellement en cours d’élaboration.

« J’ai toujours eu ce rêve-là », admet d’emblée Pierre Vicaire, le coordonnateur de l’initiative. Par le biais d’activités, celle-ci contribue à créer des liens entre des élèves autochtones de Listuguj et des écoles francophones de l’ouest de la MRC d’Avignon, dont Pointe-à-la-Croix.

Voilà que d’autres écoles situées dans des lieux où différentes cultures se côtoient de près pourront aussi profiter des retombées positives d’Harmonie Inter-communautés. Le Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD), de concert avec les commissions scolaires Eastern Shores et René-Lévesque ainsi que l’école Wejgwapniag de Gesgapegiag, prépare actuellement, dans le cadre d’un projet de recherche, un guide qui contribuera à exporter le projet. Au terme de son élaboration, dans un peu plus de deux ans, cet outil sera accessible à toutes les écoles primaires du Québec intéressées à le mettre en œuvre.

« Il contiendra des fiches d’activités parascolaires et des fiches d’activités pédagogiques permettant d’augmenter la connaissance des enfants envers les cultures autochtones, anglophones et francophones », précise Gilbert Bélanger, directeur de la recherche au CIRADD.

C’est par le biais de correspondances et d’activités concrètes que les enfants sont amenés « à se regarder comme des humains au lieu de ne voir que leurs différences », précise Pierre Vicaire.   « Pour cela, il faut leur donner des opportunités. Ça ne se fait pas tout seul, ni à la télévision. Ça se fait avec des échanges […] », fait valoir le coordonnateur, impliqué dans l’initiative depuis ses premiers balbutiements.

Un projet-pilote d’implantation de ce guide sera d’ailleurs réalisé durant les années scolaires 2019-2020 et 2020-2021 à l’École le Bois-Vivant, au New Richmond High School ainsi qu’à l’école primaire de la communauté de Gesgapegiag.

Tuer dans l’œuf les préjugés

La directrice de l’établissement de l’école primaire Wejgwapniag, Sheila Gedeon, a d’ailleurs l’habitude d’entendre de la bouche d’enfants et des plus grands, qu’ils soient francophones, anglophones ou autochtones, des commentaires négatifs à l’égard des autres cultures.

À son avis, un projet tel qu’Harmonie Inter-communautés contribuera précisément à tuer dans l’œuf les préjugés et les propos discriminatoires, généralement appris et répétés. « Quelqu’un a dit un jour que l’éducation d’un enfant commençait 20 ans avant sa naissance. Je pense qu’en plantant les graines avec notre génération, on risque de voir (des changements) », défend-elle.

La directrice des écoles Père-Pacifique de Pointe-à-la-Croix et du Plateau de St-François, Véronique Nadon, témoigne d’ailleurs de la réelle différence que font les activités organisées. Au final, celles-ci ne constituent que des prétextes qui visent à réellement changer la façon dont les enfants se perçoivent entre eux.  « Il y a vraiment une belle proximité qui s’est créée, une belle ouverture et un beau respect. […] On est dans le savoir-vivre ensemble, dans la bienveillance, dans l’ouverture et la curiosité », plaide-t-elle.

Un groupe d’intervenants travaille déjà activement à l’élaboration du guide. La version finale de celui-ci sera ensuite déposée par la Commission scolaire Eastern Shores au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, qui a accordé le financement nécessaire au déroulement du projet.

Bon an mal an, environ 500 jeunes sont touchés par le projet Harmonie Inter-communautés.

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