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31 mars 2019

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Jean Perron : conférencier au pénitencier

©Photo tirée de Facebook

L’ex-entraîneur du Canadien et des Nordiques a donné deux conférences au début du mois de février en marge de la Semaine de prévention du suicide.

Jean Perron est bien impliqué dans sa communauté d’adoption, tant auprès du golf de Chandler qu’à son sympathique restaurant dans le secteur de Pabos Mills.

N’hésitant jamais à redonner au suivant, l’ex-entraîneur a accepté l’invitation qui lui a été lancée récemment de présenter une conférence dans les prisons de Percé et New Carlisle, en marge de la Semaine de prévention du suicide. Le but avoué était de partager un message d’espoir aux détenus, comme quoi il ne fallait jamais abandonner, se livrant lui-même en exemple, ayant été élevé dans la pauvreté par un père alcoolique, dans la petite bourgade d’Ascot Corner en Estrie.

« Je viens d’une toute petite place et j’ai été élevé dans une famille archi-pauvre. Les portes semblaient être fermées pour moi et il a fallu que je fasse ma propre place au soleil. Mon père est un alcoolique et à 36 ans, ne travaillait plus, perdait ses jobs et plus aucun chèque rentrait à la maison. On était 8 enfants. Ça aurait été facile pour moi de prendre le chemin des "bums". Mais dans ma conférence, je leur montre qu’il y a toujours une autre porte d’ouverte à quelque part. »

Ce dernier leur explique que son rêve à lui était de jouer pour l’équipe nationale de hockey du Canada. Bon joueur, cette option s’est cependant vite refermée pour lui dans ses meilleures années, puisque le pays n’était pas représenté aux Olympiques en 1972 et 1976. Qu’à cela ne tienne; il s’est accroché et a réajusté ses objectifs en conséquence. « Je me suis alors dit que j’allais devenir entraîneur et à partir de là, j’ai toujours travaillé en fonction d’accomplir ce rêve. Peux-tu t’imaginer le jour où Sam Pollock [ndlr : un ancien directeur général du Canadien de Montréal] m’a appelé pour coacher l’équipe nationale olympique? J’étais à Moncton moi-là, et pour moi personne connaissait mon cheminement! Il m’a dit de prendre l’avion le lendemain matin pour signer le contrat. Quand je suis arrivé aux Olympiques à Sarajevo comme entraîneur, j’étais l’homme le plus heureux du monde. Une porte s’était fermée, mais j’en ouvrais une autre. Je venais de toucher à mon rêve et c’est là-dessus que je leur fais ma conférence. »

Message porteur

Ceci dit, il y a tout de même une différence entre donner une conférence auprès de jeunes sportifs ou la donner dans une prison. Il faut préciser que Jean Perron n’est pas tombé en monde totalement inconnu. Lorsqu’il faisait de la radio à Québec, il avait déjà présenté des émissions de sports en direct du pénitencier de Donnacona. Et comme il s’amuse à le dire, après son expérience comme entraîneur des Canadiens et des Nordiques, avec les Nilan et Kordic de ce monde, plus rien ne lui fait peur.

Les personnes incarcérées elles semblent avoir apprécié leur expérience puisqu’à peu près tout le monde a demandé une autographe, assez pour que la réserve de cartes de hockey qu’il apporte avec lui tombe à sec. « Ils voulaient tous que je leur signe des autographes. Je me traîne toujours des cartes-souvenirs du temps où je coachais le Canadien. Toute la gang m’en a demandé. J’en avais juste une vingtaine alors j’ai été obligé de leur en renvoyer! » Mais au-delà de ce souvenir matériel laissé au passage, Jean Perron espère surtout avoir pu laisser une trace indélébile pour un ou deux d’entre eux. On ne sait jamais quand un message atteint sa cible ou comment un petit bout de phrase peut toucher quelqu’un à tout jamais, comme lorsque le jeune Jean Perron de 7 ans a été marqué par son propre père.

« Ce n’était pas un sportif pantoute, mais j’étais à côté de lui et je lui ai demandé pourquoi il écoutait un match olympique du Canada à la radio, vu qu’il ne faisait jamais de sport. Il m’a répondu qu’il y avait un Canadien français qui jouait dans l’équipe – que c’était le seul – et que c’était un cousin. Ç’a m’a frappé comme une tonne de brique cette histoire-là. Je me suis dit que moi aussi, un jour, j’allais jouer pour cette équipe, et ça m’a toujours resté dans la tête. Et c’est pour ça que quand je parle aux gens, que ce soit des jeunes ou des détenus, et bien on ne sait jamais, il y en a peut-être un qui va accrocher et se dire : "Moi, un jour, je vais faire comme Perron!" »

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