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05 février 2019

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Décès aux Ateliers Actibec : la CNESST dévoile ses conclusions

SANTÉ ET SÉCURITÉ

Décès Actibec Chariot Élévateur

©Photo CNESST

Le cariste ne portait pas sa ceinture de sécurité et a été éjecté, se retrouvant coincé sous le cadre de protection de la cabine. L’homme est malheureusement décédé de ses blessures quelques jours plus tard.

Un chariot élévateur qui franchit un talus trop grand et qui se renverse, l’éjection subséquente du chauffeur en dehors de la cabine – qui ne portait pas sa ceinture de sécurité – ainsi que l’absence d’une méthode de travail et de supervision pour le port de ladite ceinture ont mené à la mort de Gino Wafer.

C’est ce que conclut la CNESST suite à l’enquête entamée le 26 juin dernier aux Ateliers Actibec de Grande-Rivière. Bien qu’aucun témoin n’ait assisté au tragique événement, la reconstitution de la scène a permis de voir qu’après avoir déposé des palettes de bois vides dans la cour arrière, le conducteur du chariot élévateur est revenu sur ses pas à reculons. Ce dernier s’est retrouvé en bordure d’un talus et les deux roues gauches de son véhicule se sont retrouvées sans contact avec le sol, ce qui l’a fait se renverser. La hauteur du talus variait entre 14 et 21 pouces à l’endroit du renversement. La pente franchissable à vide pour le type de véhicule utilisé est de 39% alors que l’angle produit variait entre 35% et 58%.

Le cariste ne portait pas sa ceinture de sécurité et a été éjecté, se retrouvant coincé sous le cadre de protection de la cabine. L’homme est malheureusement décédé de ses blessures quelques jours plus tard.

Recommandations et amendes

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Après enquête, tout démontre que le véhicule était conforme et avait passé avec succès une quinzaine d’inspections mécaniques de 2013 à 2018, dont le dernier deux mois avant l’accident. Le chauffeur avait également la formation requise et opérait depuis une dizaine d’années. Au moment de l’enquête, Actibec procédait d’ailleurs à la refonte de son programme de prévention et une mise à jour avait été donnée récemment aux caristes.

« Il y avait des avertissements verbaux et des rappels pour s’attacher, mais pas de mécanisme formel ni aucune directive spécifique. L’absence d’une méthode de travail et de supervision ont conduit à la non-utilisation du système de retenue. C’est la troisième cause qu’on retient dans cet accident », explique Gilles Soucy, inspecteur à la CNESST.

Les Ateliers Actibec sont passibles d’amendes pour deux différentes infractions; amendes qui pourraient varier entre 1 680$ à 3 360$ dans un premier temps et entre 16 793$ et 67 176$ en second lieu. La CNESST a un an après la date de l’accident pour émettre ces constats et étudie actuellement la question.

L’organisation a aussi exigé à ce que le talus soit réaménagé afin d’éliminer le danger de renversement, en plus d’aplanir les voies de circulation dans la cour arrière. Recommandations qui ont été suivies par Actibec. Les inspecteurs ne peuvent par ailleurs pas déterminer si la vie Gino Wafer (57 ans) aurait été épargnée si ce dernier avait été attaché. « Peut-être que la projection ne se fait pas, mais le renversement [du chariot élévateur] lui se fait et la personne aurait pu avoir des blessures. On ne peut pas supposer que ça empêche le décès, mais on sait que la projection qui se fait est très forte », analyse Gilles Soucy, qui rappelle d’ailleurs qu’un chariot élévateur est l’équivalent en poids de six véhicules de type Toyota Yaris.

Rappelons que les Ateliers Actibec est un centre de travail adapté qui se spécialise dans la récupération des matières résiduelles et compte plus d’une cinquantaine d’employés.

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